A Strasbourg, du 18 novembre 2011 au 19 février 2012. Le musée Tomi Ungerer complète sa collection par une exposition temporaire. Objectif : faire découvrir ses sources d’inspiration.

Tomi Ungerer, sans titre, dessin pour "Tomi Ungerer's Märchenburg". ©Diogènes Verlag AG Zurich - Tomi Ungerer / Musées de la Ville de Strasbourg - Mathieu Bertola.
Inaugurée le 18 novembre dernier, cette riche exposition s’inscrit dans le cadre du 80e anniversaire de Tomi Ungerer, enfant du pays alsacien. Son concept : replacer l’œuvre de l’illustrateur dans l’histoire de l’art, au vu de la multitude de références graphiques, plastiques, cinématographiques de toutes les époques et de tous les styles, qui a forgé l’identité du maître de l’illustration.
Un alsacien nomade
Né à Strasbourg en 1931, il voyage très tôt en Europe : Islande, Norvège, Grèce, et Yougoslavie, après un court passage aux Arts décoratifs qu’il quitte faute d’assiduité. A New York dans les années Soixante, il rencontre Ursula Nordström, des éditions Harper & Row, et il commence à publier : quatre-vingt-dix livres pour enfant en dix ans. Ses activités parallèles d’affichiste et de publicitaire lui apportent la notoriété, à travers les engagements politiques de ses affiches et de la satire sociale, dont la guerre du Viet Nam et les injustices raciales sont restées dans les mémoires.
Son engagement en faveur de l’intégration européenne et notamment d’un rapprochement franco-allemand, moins connu, font partie de son engagement global en faveur du progrès humain au même titre que sa lutte pour le désarmement nucléaire ou l’émergence d’une écologie active.
En 1975, Tomi Ungerer renoue avec son Alsace. Il fait une première donation de sa collection d’œuvre et de jouets aux musées de Strasbourg, puis, emménage définitivement en Irlande. En 2007, enfin, le musée Tomi Ungerer ouvre ses portes à Strasbourg.
Le musée imaginaire de Tomi Ungerer

Gustave Doré, "Le Petit Chaperon Rouge". ©Musée de la Ville de Strasbourg - Mathieu Bertola
Trois cent œuvres sont aujourd’hui rassemblées au musée de l’avenue de la Marseillaise à Strasbourg. Celles de Tomi Ungerer viennent du fonds alsacien, les autres de nombreux prêteurs de France et de l’étranger. Comme le dit Ungerer lui-même : ” Enfant, j’ai été essentiellement impressionné par Mathias Grünewald, Dürer, Schingauer, ainsi que par Hansi et Schnug, tous deux des artistes alsaciens, plus tard par Goya, Bosch, les dessinateurs japonais Hokusaï, etc.), les vieux numéros du Simplicissimus et Wilhelm Busch. “
A travers douze salles, les différentes thématiques traitées par l’illustrateur sont abordées à chaque fois par la mise en parallèle de son œuvre et celle à laquelle elle fait l’emprunt, l’allusion, la critique ou le clin d’œil. Une large partie est dédiée à l’héritage alsacien avec des salles consacrées aux maîtres rhénans, dont émerge à l’évidence le retable d’Issenheim – du musée de Colmar – comme source majeure de l’inspiration de Tomi Ungerer, tout autant que Caspar David Friedrich et Albrecht Dürer. Une autre partie est consacrée à l’Alsace du XIXe siècle, dont les caricatures de l’emprise germanique par Hansi demeurent des bijoux de l’illustration nationale.
Les salles suivantes mettent en avant le genre publicitaire où l’on retrouve Savignac, Toulouse-Lautrec et Andrew Wyeth. Sont également abordés la satire et la caricature, les collages et assemblages, le thème de la guerre dont la série Rigor Mortis, générée par les traces mordantes du nazisme. Puis encore le cinéma, et enfin Eros, qui a également beaucoup inspiré l’illustrateur.
Informations pratiques
Musée Tomi Ungerer, Centre international de l’Illustration, 2, avenue de la Marseillaise, 67000 Strasbourg
Du 18 novembre 2011 au 19 février 2012. Du lundi au vendredi de 12h à 18 h, samedi et dimanche : 10h à 18h
Exposition et musée fermés le mardi.
Plein tarif : 6 euros, tarif réduit : 3 euros. Gratuité pour les 1er dimanche de chaque mois. Possibilité de Pass.
A noter, le samedi 10 décembre, de 14h30 à 15h30 : rencontre avec la conservatrice du musée, Thérèse Willer, sur ” La satire dans l’illustration du romantisme au surréalisme “.
Et pour les enfants : dimanche 11 décembre de 15h à 16h30, une après-midi de spectacle et de projection : Les Trois Brigands, Jean de la Lune, Le chapeau-volant, La grosse bête de Mr Racine.