L’Isère célèbre l’Italie et son apport à l’histoire locale

Le , Focus par Aude REMY

A Grenoble, jusqu'en juin 2012. L'Italie est à l'honneur en Isère. Une multitude de spectacles mais aussi l'exposition « Libertà » reviennent sur l'apport des italiens à la culture et à l'histoire locale.

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L’histoire de l’Isère est liée de manière si profonde avec celle du peuple italien, que la tenue d’une « Année de l’Italie en Isère » est à saluer. Débutée en novembre dernier avec une soirée sur les « 150 ans de l’Unité italienne », elle se poursuivra jusqu’au mois de juin 2012.

L’Année de l’Italie en Isère

Au moment où certains se posent des questions sur l’identité nationale, où les piliers de l’Europe semblent montrer leur faiblesse, l’ « Année de l’Italie en Isère », voulue par André Vallini, président du Conseil général et sénateur de l’Isère, veut interroger les cultures dauphinoises, pour y déceler les apports de l’Histoire dans la construction de ce territoire.

Constitué à partir du XIe siècle, par les Comtes d’Albon, le Dauphiné passera dans le giron du Saint-Empire-Romain-Germanique ; devenu province française en 1349, le territoire sera divisé en 1790 en trois départements, la Drôme, les Hautes-Alpes, et l’Isère. Sa géographie, depuis des millénaires, l’a placé à un passage historique, celui des Alpes ; passage entre France et Italie, entre occupation et résistance, entre répression et liberté.

C’est cette histoire que veut raconter « L’Année de l’Italie en Isère », par le biais d’œuvres de théâtre, danse, cinéma, de conférences, de débats et de publications.

Le musée de la Résistance et de la déportation de l’Isère, à Grenoble, présente dans cette perspective historique et culturelle, l’exposition « Libertà ! », sur le parcours des antifascistes et des résistants italiens en Isère, accompagnée de textes bilingues.

La montée du péril fasciste

Fort Barraux, Isère, avril 1941. Internés communistes sous le régime de Vichy, dont un quart est italien. © Coll MRDI

Benito Mussolini prend le pouvoir en 1922 après avoir marché sur Rome avec les Faisceaux italiens de combat, les fasci. Dès lors, le parti contrôle et dirige la vie des citoyens italiens, éduqués à « croire, obéir, combattre » en vue d’une société guerrière. Les répressions qui s’abattent en accompagnement sur le peuple, conduisent quelques centaines de militants et responsables politiques italiens à trouver asile de l’autre côté des Alpes. Ce sont des représentants d’opinions diverses, à la fois des héritiers de Mazzini, des socialistes, des anarchistes ou des communistes, qui rejoignent le million d’Italiens déjà présents sur le sol français en 1930, venus pour des raisons économiques et désormais intégrés.

Des deux côtés de la frontière, la résistance antifasciste s’organise, au sein des ligues des droits de l’homme et des partis de gauche et républicains. En Isère, militants français et italiens agissent ensemble, à la fois par des manifestations, l’organisation de meetings, et, à l’éclatement de la guerre d’Espagne, par l’engagement de militants dans les rangs des Brigades internationales.

A côté des antifascistes, le parti de Mussolini tente une implantation en France, avec la création de 274 sections. A Grenoble, le fascio est dirigé par le Vice-consul, dont l’action vise à l’organisation de l’aide aux malades, des colonies de vacances et des cours d’italien, tout en veillant à garder dans le giron du régime, les émigrés italiens sur le territoire.

Occupations et Résistances

Grenoble, 1943. Soldats italiens à La Bastille. © Fonds Maurice Gautier, coll. MRDI

Le 10 juin 1940, l’Italie déclare la guerre à la France, quelques mois après son alliée l’Allemagne nazie. La campagne des Alpes, qui va durer jusqu’au 25, voit s’opposer plus de 130.000 soldats italiens et 58.000 Français. Dans la nuit du 10 au 11, 800 Italiens sont arrêtés puis envoyés au camp de Saint-Jodard dans la Loire, « suspects par leurs sentiments patriotiques et fascistes ».

Les victoires françaises sont rares ; l’Italie conquiert 800 kilomètres carré de montagne et 13 communes.

Les accords Roatta-von Stülpnagel définissent la zone d’influence italienne : du lac de Genève à la Durance, sous la houlette du général De Castiglione et de ses 8.000 hommes, dont l’État-major s’installe à Grenoble mi-novembre 1942. En réaction, la résistance iséroise s’organise.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, ce sont les anciens alliés allemands et italiens qui se battent ; au matin du 9, une nouvelle occupation commence, l’occupation allemande, bien plus terrible celle-là. La plupart des Isérois d’origine italienne, parmi lesquels de grandes figurent vont émerger, entrent alors en résistance aux cotés des organisations françaises.

 

Informations pratiques

Année de l’Italie en Isère
Programme et informations sur le site du Musée Dauphinois

Libertà ! Antifascites et résistants italiens en Isère
Du 25 novembre 2011 au 21 mai 2012
Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, Maison des Droits de l’Homme
14, rue Hébert, 38000 Grenoble, tel : 04 76 42 38 53, musee.mdr@cg38.fr, www.resistance-en-isere.fr
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi matin. Fermé les 1er janvier, 1er mai, 25 décembre.  L’entrée du musée est gratuite. Visite guidée gratuite le premier dimanche du mois à 14h30.

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